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La BBC ne cesse de produire des séries qui m'enchantent. Les mini-séries historiques ou d'adaptations de romans (ceux de Jane Austen particulièrement, mais aussi la série Merlin), les séries osées comme Being Human (qui, je dois l'avouer, n'a pas tenu les promesses de son pilote, et m'a un peu trop vite lassée), ou enfin des séries plus modernes comme celle dont je vais parler aujourd'hui, Luther.

J'avais repéré Luther au moment de sa diffusion sur la BBC, mais n'avait pas tenu à la regarder après les critiques que j'avais lues sur le net. Il faut dire qu'à l'époque (mai-juin 2010), j'avais énormément de séries et films à regarder, et j'avais choisi de les éliminer petit à petit en fonction des critiques que je lirais sur internet ! Luther était donc passée en fin de liste, jusqu'au jour où un ami m'a confié avoir vraiment accroché.

J'ai regardé les 6 épisodes en quelques jours, et je dois dire que cette série a su m'étonner. Au-delà des lenteurs qui lui étaient souvent reprochées sur le net, plusieurs aspects de la série m'ont vraiment plu et j'ai passé un très bon moment à regarder les épisodes. Évidemment, en 6 épisodes, le dénouement arrive un peu rapidement, et c'est pourquoi je prolonge le plaisir aujourd'hui en vous parlant un peu de cette série policière lutheroriginale.

En effet, l'aspect le plus intéressant, dans Luther, est la volonté très nette de se démarquer du manichéisme qui sous-tend les séries policières classiques. Dans Luther, tout est gris. L'histoire démarre d'ailleurs avec la réhabilitation de John Luther, (Idris Elba) DCI, qui a passé plusieurs mois en hôpital psychiatrique après sa dernière enquête. En pourchassant le pédophile qu'il cherchait à inculper, il n'a pas réussi à l'empêcher de tomber de plusieurs mètres, le plongeant dans un coma qui semble irréversible. Mais nul ne sait vraiment, pas même John, si cette chute était un accident ou si, au dernier moment, son hésitation à aider un infâme meurtrier et violeur d'enfants a causé cette chute.

John reprend son travail, donc, au cœur de la très efficace Serious Crime Unit de Londres, et surtout, cherche à reconquérir sa femme, Zoé (Indira Varma), qui s'est éloignée de lui au cours des derniers mois. Et pour cause, celle-ci a un nouvel amant, Mark (Paul McGann), qui comble son désir de ne plus passer en deuxième pour l'homme qui partage sa vie. Trop longtemps, elle a attendu que John décide de choisir la vie (elle), et non la mort (les victimes de ses enquêtes). Aujourd'hui, elle souhaite laisser le passé derrière elle, mais John, lui, ne l'entend pas de cette oreille.

we_love_telly_image_2_904208284Et puis il y a Alice, incarnée par Ruth Wilson, une psychopathe que John échoue à envoyer derrière les barreaux lors du premier épisode. Ruth Wilson est une superbe actrice, que j'avais découvert dans le rôle de Jane Eyre pour l'adaptation récente de la BBC. Elle joue ici une jeune surdouée qui ne ressent pas d'empathie pour l'espèce humaine, bien éphémère comparée à l'univers qu'elle étudie en scientifique à l'Université d'Oxford. Paradoxalement, Alice souhaite plus que tout attirer l'attention et l'admiration de cette espèce qu'elle méprise. Et tenir en échec Luther, tout en entretenant une relation amour-haine avec lui, qui, bien que parfois assez malsaine, ressemble un peu à la relation d'une fille avec son père absent. Elle cherche continuellement à attirer son attention, à le retenir auprès d'elle, tout en l'envoyant paître dès qu'il tente de la comprendre, de percer son armure, et de la déstabiliser, espérant obtenir des aveux ou du moins un début de piste lui permettant de ré-ouvrir son dossier d'enquête.

Et pourtant, c'est vers elle que John se tournera lorsque tous l'abandonneront...

Luther n'est pas LA série parfaite. Elle n'est pas exempte de longueurs et de maladresses. Mais le soin apporté à la photographie, le jeu de certains acteurs, et les choix originaux de scénarios pour chacun des quatre premiers épisodes contrebalancent les défauts cités plus haut. En quelques épisodes, les scénaristes plantent un décor, une ambiance, que je trouve vraiment novateurs. La grisaille de Londres, des meurtriers complexes, l'accent délicieux des acteurs, les éléments sont réunis pour une série au goût amer de la mélancolie de Luther...

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La Beauté du Générique, une esthétique vraiment travaillée...

Le Trailer, à vous de voir si l'aventure vous tente...

Le Site Officiel de la série,
où l'on peut retrouver le parcours des différents acteurs de la série, ainsi que des extraits des épisodes.

Enjoy !

-E-