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Lorsque je souhaite écrire la critique d'une nouvelle série, je prends toujours le temps de regarder au moins les 3 premiers épisodes de celle-ci. Jusqu'à présent, cela n'avait jamais été une astreinte particulièrement difficile à respecter pour moi. Undercovers a été l'exception à la règle. Je me suis endormie devant chaque épisode, et deux fois au cours du deuxième !

undercovers_saison_1_serie_creee_par_j_j_abrams_josh_reims_en_2009_7241413sbascPourtant, la série a été créée par JJ Abrams, l'homme qui se trouve derrière bien des séries que j'aime, comme Fringe, The Office, et surtout Alias, que j'ai adorée du début à la fin ! Cet homme excelle dans les séries d'espionnage et de suspense, et j'attendais beaucoup d'Undercovers, surtout parce que je trouvais le concept de la série original et propice à l'humour : un couple d'espions, mariés et dormants, qui reprennent du service et doivent apprendre à travailler ensemble, cela avait tout pour me séduire !

Mais là s'arrête l'intérêt de la série : à son concept. Malheureusement, Undercovers ne tient pas la route, et les américains ne s'y sont pas trompés : la série perd un million de téléspectateurs chaque semaine.

A quoi cela tient-il ? A peu de choses en vérité... A commencer par l'absence totale d'alchimie au sein du couple principal. La preuve par trois qu'il ne suffit pas de mettre deux BG ensemble pour créer un couple qui marche. Et placer plusieurs scènes de sexe soi-disant chaudes ne fonctionne pas non plus. Boris Kodjoe, tellement parfait qu'on se demande parfois s'il est réel, et Gugu Mbatha-Raw, absolument sublime, forment le couple le moins crédible et le moins sexy jamais vu à la télévision. Il n'y a tout simplement aucune scène crédible dans ces trois premiers épisodes entre ces deux personnages. Et le reste du temps, je n'ai vraiment pas été convaincue par leurs performances.

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On aurait pu se frotter les mains à l'introduction de Carter MacIntyre, dans le rôle de l'ex de Samantha Bloom, ex-partenaire et ex-amant, supposé rendre Steve Bloom jaloux, grâce à ses grandes capacités "d'agent-secret-qui-n'a-jamais-quitté-ses-fonctions, lui", mais aussi son flirt incessant avec la femme de l'ex-meilleur agent de la CIA. Mais on ne croit pas une seule seconde à sa soi-disant relation de huit mois avec Sam Bloom, et ses répliques sont lourdes et à coté de la plaque. Dommage, il a un beau sourire.


Ce sont finalement les seconds rôles qui tirent un peu leur épingle du jeu. Gérald McRaney, dans le rôle du big boss envoyé par la CIA pour recruter les Bloom, a un rôle plutôt sympathique de patron écœuré par la nouvelle vie de traiteurs que mène les Bloom. La sœur de Samantha, jouée par Mekia Cox, est rafraîchissante et apporte une touche de maladresse bienvenue dans un univers trop beau, trop policé.

Car au-delà d'un casting bien mal assemblé, la série joue encore de malchance en ce qui concerne l'atmosphère générale et les scénarios de chaque épisode. La vie parfaite des Bloom manque complètement de crédibilité : leur maison ressemble à la page 14 de Marie-Claire Maison, et même si j'aime beaucoup leurs rideaux et leurs draps (dont ils vantent d'ailleurs les mérites), je ne suis pas là pour acheter. Quant à la cuisine de leur affaire, elle est tellement propre que l'on pourrait dormir sur le sol. Tous les détails sont trop soignés pour être réalistes.

Les scénarios des trois épisodes reprennent quant à eux le concept "inflitration-voyage" d'Alias, que j'adorais, moins le talent de Jennifer Garner et sa capacité à jouer plusieurs rôles dans un même épisode. Les quelques scènes de "sexpionnage" de Samantha Bloom sont nullissimes, on ne peut tout simplement pas y croire, tant elle est froide et sur-joue le coté j"olie poupée un peu naïve". Les Bloom vont de pays en pays à la recherche de leur cible, une personne qu'ils doivent trouver ou secourir, voire empêcher d'agir au service du mal... Mais tout s'enchaîne trop vite, et on ne comprend pas vraiment pourquoi il est nécessaire qu'ils voyagent de pays en pays. Le spectateur est un peu désorienté, et comprend rarement le fond de l'histoire : les motivations des méchants sont rarement compréhensibles.

Par contre, et c'est le seul point positif que je trouve à cette série, les scènes d'actions sont remarquables, et en particulier la scène d'ouverture du pilote, dans laquelle Leo Nash est poursuivi par des mafieux. Malheureusement, l'action ne fait pas tout dans une série, car contrairement aux films, dans lesquels l'action peut suffire à créer un bon film de divertissement, dans une série, on essaye de tenir en longueur, et Undercovers n'a pas ce qu'il faut pour ça.

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J'ai donc été extrêmement déçue par les trois premiers épisodes d'Undercovers, que j'attendais pourtant avec joie, sachant que JJ Abrams en était le créateur. Mais en conclusion, je pense que l'homme a voulu aller trop loin dans le perfectionnement de ce qu'il sait si bien faire, et malgré son talent indéniable, il a été piégé par la maxime irréfutable qui énonce que "le mieux est l'ennemi du bien".

-E-

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